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27 novembre, 2023

LES SOURCES DE L'HUVEAUNE DEPUIS NANS LES PINS

    C'est une randonnée réputée que nous propose aujourd'hui l'ami André, puisque nous allons emprunter en partie le fameux "Chemin des Roys" parcouru jadis par de nombreux monarques se rendant en pélerinage à la Grotte de Marie Madeleine dans la Sainte Baume qui, rappelons-le, est le troisième lieu de la chrétienté au monde après Jérusalem et Rome. François 1ier y est venu 3 fois. On peut citer entre autres, Henri de Navarre, futur Henri IV et Louis XIV. C'est à notre tour d'y passer, mais nous sommes moins illustres et l'histoire ne retiendra pas notre passage, dommage !

Il fait frisquet ce matin sur le parking de Nans-les-Pins. Mais la journée promet d'être ensoleillée et le vent qui soufflait encore très fort hier s'est calmé.

Nous débutons la randonnée par l'ascension de la colline qui domine à l'ouest le village afin d'aller visiter les ruines du Vieux Nans.


Le bourg fortifié existait dès 781, mais le château féodal est du XIIe.
L'endroit fut d'abord propriété de l'Abbaye de Saint Victor, puis au XIe demeure des sieurs Drogon et d'Agnès de Nans.
Un pan de muraille percé de trous nous rappelle un rapace nocturne. Nous le baptisons "la Chouette."

De nombreuses meurtrières sont encore visibles le long des remparts. On les appellent encore des archères du fait de leur fonction de défense.
Nous empruntons ensuite l'ancien chemin de ronde qui nous offre un beau panorama sur le village actuel.

Les ruines sont peut-être encore hantées par le fantôme de l'ancien châtelain !
Nous surplombons un moment les vestiges de l'ancienne chapelle dont subsistent des traces de peinture ocre sur un des murs. (à droite sur la photo.)
La visite s'achève nous quittons l'ancien castel.
Il n'est pas encore midi lorsque André nous propose la pause repas. Nous allons descendre dans la vallée afin d'atteindre les rives de l'Huveaune et André a peur que nous n'y trouvions plus d'endroit ensoleillé. Il fait beau, mais de là à prendre notre repas à l'ombre, nous n'y même songeons pas.
Après la pause, nous reprenons un chemin illuminé par les couleurs automnales.
Nous arrivons bientôt au bord de la rivière. Nous ne sommes pas loin de la source de l'huveaune qui sort d'une résurgence d'où la teneur importante en carbonate de calcium de ses eaux. La rivière a formé ici des dépôts calcaires qu'on appelle tufs et qui dessinent des cuves et des bassins.
C'est un endroit très fréquenté, surtout à la belle saison, du fait de sa beauté et de la fraîcheur de ses ombrages. Mais c'est aussi un milieu fragile et la surfréquentation a commencé à créer des dommages.
Il devenait indispensable d'y effectuer des aménagements de protection ce qui est en train d'être appliqué.
Le fond du vallon forme une sorte de cirque. c'est de là que jaillit l'Huveaune de sa caverne.
Un petit détour fortement pentu nous permet d'aller découvrir l'entrée de la grotte qui se nomme "La Castelette."
En temps normal, l'eau qui en sort ne permet pas d'y accéder. Mais la longue sécheresse qui sévit sur la région en a tari le cours. Si bien que nous pouvons pénétrer dans la caverne.
En visitant la première salle, nous ne pouvons pas imaginer la grandeur réelle de la grotte de Castelette qui s'étend dans l'obscurité devant nous.
(voir plan ci-dessous. Le rectangle rouge représente la partie que nous visitons.)
Mais il faut songer à repartir, surtout qu'une rude montée nous attend avant d'atteindre la route au dessus vallon et le chemin des Roys que nous allons redescendre jusqu'à Nans.
Heureusement, la grimpette est adoucie par les nombreux points de vues que nous offre le sentier sur le Vallon de Castelette et au fond les falaises de la montagne Sainte Victoire.
La descente par le sentier des Roys est ponctué de majestueux oratoires à la pierre finement sculptée.
On peut découvrir, gravés sur le socle de certains, de curieuses gravures en forme de fer à cheval. Elle ont été faites dès le moyen-âge par les compagnons du devoir dont le pèlerinage à la Sainte Baume était une étape importante et obligatoire de la formation.
Non loin de l'arrivée, le présence de centres équestres nous donne l'occasion de rencontrer quelques équidés aux tailles variées.
Une dernière surprise nous attend sur le parking, la présence nostalgique d'une ancienne Renault 6 parfaitement restaurée. C'était la première voiture de mon frère à l'époque où nous faisions tous les deux de la spéléo. Avec le recul, je me rend compte qu'elle était moche.

19 décembre, 2017

LE GARLABAN SUR LES PAS DE PAGNOL


   Dimanche André nous amène au village de La Treille perché sur les contreforts de Marseille à l'ouest du massif du Garlaban. Ce hameau doit sa célébrité à Marcel Pagnol dont on peut voir la tombe dans le petit cimetière du village.


Le ciel est bleu ce matin, mais c'est au prix d'un mistral glacial qui souffle en rafales.
A quelques centaines de mètres au nord de La Treille nous passons à proximité de la Bastide Neuve, la maison où Pagnol et ses parents séjournèrent durant l'enfance de l'écrivain-cinéaste. La maisonnette se trouve dans le hameau des Bellons qui fait partie de la commune d'Allauch. C'est ici qu'il puisa ses souvenirs qu'il transcrivit plus tard dans "La gloire de mon père" et "Le château de ma mère". Hélas aujourd'hui la Bastide Neuve est laissée à l'abandon.


Le chemin grimpe à présent au milieu d'une garrigue semi-désertique témoin des nombreux incendies qui ravagèrent ici la forêt. En face de nous le sommet de Tête Ronde qui me fait penser à une tourelle d'artillerie comme on peut en rencontrer sur les forts de montagne du Briançonnais. Pagnol y fit jadis construire le Moulin de Daudet pour les besoins d'un de ses tournages, moulin qui a aujourd'hui disparu.
Sur notre gauche, de l'autre côté d'un large ravin, André nous fait remarquer deux ouvertures à la base d'une falaise. Il s'agit des Baumes des Pestiférés où auraient été relégués les marseillais atteint de la maladie lors de la grande peste de 1720.











Un petit arrêt s'impose pour admirer le panorama incomparable sur la grande métropole dominée par la Bonne Mère, et les îles du Frioul : Ratonneau, Pomègues et l'îlot d'If et son fameux château, la célèbre prison du Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas.


La piste se transforme bientôt en un étroit sentier caillouteux qui grimpe à l'assaut du Pic de Taoumé, deuxième sommet du massif avec ses 667 mètres d'altitude. C'est ici que Pagnol allait avec son père à la chasse aux bartavelles.
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En contrebas s'enfonce le vallon des Escaouprés barré à l'ouest par une longue barre rocheuse, la Pounche des Escaouprés.


Juste sous le sommet du Taoumé, nous découvrons la grotte du Gros Hibou (prononcer grozibou) où Pagnol et son ami Lili des Bellons avaient trouvé refuge un soir d'orage, et lieu qu'il avait choisi pour séjourner quand il avait voulu devenir ermite.
En fait de grotte, il agit d'une étroite faille qui perce la falaise de part en part.
Au sommet du Taoumé, le regard porte sur le massif de l'Etoile et la montagne Sainte Victoire. A l'horizon, on distingue les premiers sommets déjà enneigés des Préalpes.
Le vent froid nous incite à reprendre la marche. Nous quittons le Taoumé par son flanc Est beaucoup moins pentu.












A un détour du sentier, une étroite entrée cache une vaste et surprenante caverne, la Baume Sourne (grotte sombre.) Nous avons beaucoup de chance car à cette époque de l'année le soleil rasant pénètre directement dans la grotte qui un court moment ne mérite plus son nom.










Le sentier remonte en direction d'un vallon pour rejoindre un grand plateau où nous allons prendre notre repas de midi avant d'effectuer l'ascension de la cime éponyme du massif du Garlaban avec ses 703 mètres d'altitude.
Du sommet, une vue époustouflante porte sur toute la plaine d'Aubagne avec au fond le massif de la Sainte Baume.



A cette altitude le moins qu'on puisse dire, c'est que le vent décoiffe. Aussi nous n'allons pas trop nous y attarder.











Avant de redescendre nous avons droit à la visite d'un sympathique autochtone pas farouche pour un sou, un petit oiseau venu réclamer à manger. Jacqueline va lui donner quelques miettes de pain le temps de faire ces photos.


                                                                                          Sur le chemin du retour par le vallon des Piches, nous nous attardons un moment sur le magnifique site de la Baume du Plantier appelée encore Grotte de Manon. Certaines scènes du film "Manon des Sources" y furent tournée en 1954 par Marcel Pagnol avec Orane Demazis dans le rôle de la bergère. C'est en ce lieu que résonne encore le fameux "Manon, je t'aime d'amour !" lancé par Ugolin à sa bien-aimée. 
Plus loin, toujours sur les pas de l'écrivain, nous découvrons la Ferme d'Angèle où fut tourné en 1934 le film du même nom avec toujours Orane Demazis, Fernandel et Raimu.

Sur le contrefort d'une colline boisée jouxtant la ferme d'Angèle, nous avons un peu de mal à trouver les ruines d'une autre construction bâtie pour les besoins d'un autre film de Pagnol, "Regain" tiré d'un roman de Jean Giono. C'est la maison de Panturle.
Plus haut encore, un porche érigé entre deux rochers reste le seul vestige du village imaginaire d'Aubignane construit, lui aussi, pour le tournage de "Regain."    











Un dernier regard sur le Garlaban et le Taoumé, les deux sommets de la journée, et nous redescendons vers La Treille et la civilisation.


Un grand Merci à André pour nous avoir guidé tout au long de cette randonnée belle et nostalgique.