27 mars, 2011

LES DENTS DE ROQUEFORCADE

J'avais envie de faire un circuit un peu atypique dans la Sainte Baume. En auscultant le Cartoexploreur, il me vint l'idée de démarrer depuis le hameau de Saint Jean de Garguier à côté de Gémenos, ce qui changerait du sempiternel départ du parc Saint Pons.Donc j'effectuai une première reconnaissance en compagnie de mon ami Jacques. Mais le tracé que j'avais prévu s'avéra long et fastidieux. Il y avait beaucoup de piste et de goudron. Nous décidâmes donc d'effectuer une nouvelle reconnaissance en modifiant le parcours ce qui fut fait en compagnie du même Jacques, de mon épouse Jacqueline et de mon alter ego Paulo. Le nouvel itinéraire s'avéra beaucoup plus joli que l'initial, mais aussi plus, comment dirais-je, "Rock'n'roll" ! Aussi je m'empressai d'avertir les adhérents de l'association des difficultés afin qu'ils ne soient pas pris en traitres. Aussi le jour programmé pour la sortie, je fus étonné d'avoir 22 personnes avec moi, plus un chien qui avait une autre fois vécu un incident fâcheux sur un point de ce même parcours. 
Il avait en effet échappé des mains d'une personne qui le portait lors d'un passage délicat et avait fait une chute de quelques mètres dont heureusement il était sorti indemne mais effrayé. Je n'avais plus qu'à espérer que Peluche ait la mémoire courte. Sa maîtresse elle, était au courant, mais comme le passage ardu devait se faire en montée, contrairement à la première fois, nous pensions que la difficulté serait moindre.
Le convoi de voiture se gara sur un parking à proximité d'un prieuré. Si vous désirez des infos sur ce prieuré je vous recommande le site : http://chapelles.provence.free.fr/stjeandegarguier.htmlSaint Jean de Garguier est un petit hameau très calme malgré la proximité d'Aubagne et son activité trépidante.
Après une courte montée sur une route goudronnée longeant un lotissement, nous empruntâmes un sentier qui s'engageait dans une gorge, le vallon Saint-Clair du nom d'une chapelle ruinée qui le domine. Les prévisions météo n'étaient pas très optimistes, pourtant le ciel était bien bleu en ce début de matinée. Nous pûmes ainsi pleinement apprécier la beauté sauvage de ce vallon très encaissé. Le sentier suit le lit d'un torrent.
Après une bonne heure de montée relativement progressive, nous rejoignîmes une piste au niveau du Petit Tuny, où se trouve un refuge non indiqué sur les cartes. Nous fûmes tout étonnés de trouver l'endroit en si bon état. C'est un lieu idéal pour passer une nuit sympathique. Le refuge, très propre au demeurant, possède une belle cheminée. Les fenêtres et portes sont intactes. Il n'en fallut pas plus pour envisager d'y passer une nuit.

Après le refuge nous attaquâmes la première difficulté de la journée, la montée jusqu'au col de l'Espigoulier. La aussi, la carte IGN est incomplète, voir fausse. En effet, un petit sentier en pointillés y est bien indiqué, mais il se trouve au mauvais endroit. Pour l'emprunter, il faut d'abord monter à quatre patte à travers les rochers, puis par une sentier très pentu traversant un éboulis, gagner le fond d'un torrent asséché et broussailleux. Vers 11h30, nous commençâmes à croiser quelques promeneurs nous signalant ainsi la proximité d'un stationnement. Nous arrivions en effet au col de l'Espigoulier. Nous pouvions désormais admirer la vertigineuse dent frontale des rochers de Roqueforcade. Quand j'avertis mes troupes que nous allions grimper jusqu'au pied de cette masse calcaire et en faire le tour, elles prirent peur. Ce qui fut pourtant fait. De là une petite sente contourne par le nord cette forteresse naturelle. Il longe la falaise pour en faire le tour et arriver à la difficulté la plus ardue de la journée, l'escalade d'un mur abrupt pour atteindre le haut du plateau, l'endroit même de l'accident de Peluche. Heureusement un arbre ayant judicieusement poussé le long du mur nous aida beaucoup pour son escalade. Tout le monde, chien compris monta sans trop de difficultés si ce n'est un peu de poussée d'adrénaline. Nous avions atteint le Plan des Vaches d'où le regard porte sur 360 degrés. Nous étions au point le plus haut de la journée et je pus rassurer mes camarades en leur signalant que nous avions terminé les difficultés, enfin presque, parce qu'une autre, non prévue nous attendait. 
Après être un peu redescendu à l'Est, afin de trouver un endroit abrité du vent pour effectuer notre pause repas,   nous nous installâmes à proximité de l'entrée béante d'un gouffre. Le ciel s'était couvert et il ne faisait pas trop chaud. Paulo, après le repas, avait l'intention de visiter le gouffre qui par un côté paraissait accessible.

Il descendit le premier suivi par moi. Mais la descente s'avérait plutôt abrupte du fait de l'humidité rendant les rochers glissants. Nous fûmes pourtant suivis par pas mal de monde. Le fond de l'aven s'avérait être un gros cône d'effondrement. Nous en fîmes le tour sans trouver de continuité si ce n'est un étroit boyau impossible à visiter sans équipement vestimentaire adapté.  La remontée fut plus ardue. Nous eûmes même une chute sans gravité, celle de Francis qui glissa et tomba sur le dos sur une surface heureusement lisse.
Il finit quand même par remonter sans autre incident. 
Après le col du Cros, nous basculâmes sous la face sud des Dents de Roqueforcade que nous longeâmes par un sentier balisé pour retourner à notre point de départ au col de l'Espigoulier. Afin d'éviter un coude de la route nous remontâmes sur l'ados que nous avions déjà emprunté le matin pour monter vers la Dent. Puis nous redescendîmes sur la route au niveau du col de Roussargue d'où un sentier non indiqué sur la carte lui non plus, permet de rejoindre une piste en contrebas. Le retour s'effectua sur une large piste que nous quittâmes très momentanément pour prendre un raccourci nous évitant de repasser au refuge que nous avions vu le matin. J'avais prévu de visiter en fin de parcours la chapelle Saint Clair, mais comme il se faisait tard, j'épargnai une nouvelle montée à mes camarades et nous rentrâmes en faisant le tour de la colline afin de pouvoir admirer le magnifique château Saint-Jean en contrebas, un édifice néo-médiéval entouré d'un parc décoré à la française. J'appris par une adhérente qui l'avait visité, que ce château avait servi pour le tournage du "château de ma mère" le film qu'avait tourné Yves Robert sur l'enfance de Marcel Pagnol. 
Quand nous fûmes de retour aux voitures, il était 18h00 passées. Le temps de nous attendrir sur des agneaux nouvellement nés, il était temps de rentrer au bercail.






22 mars, 2011

UNE SEMAINE EN VERCORS – 7ème PARTIE – VASSIEUX

Vendredi 04 Mars.
Et bien oui, ce matin il fait encore beau. C’est aujourd’hui notre dernière journée sur le Vercors. Nous allons terminer notre semaine en beauté.
Nous partons pour Vassieux. J’espère que nous n’aurons pas les mêmes problèmes de stationnement que hier. Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Nous trouvons facilement un coin de prairie déneigé pour gare nos voitures au bas du hameau de la Mure. Après les péripéties de la veille, je compte épargner mes camarades en leur évitant un dénivelé trop important. Nous allons suivre un sentier en direction du lieu-dit Le Château, puis nous diriger à l’Est vers le gîte d’étape les Carlines. Ensuite nous grimperons une petite ligne de crête pour basculer du côté de la vallée de Saint- Agnans d’où nous avons démarré notre randonnée d’hier. Nous suivrons ensuite une piste qui suit la pente en direction du nord jusqu’à la ferme de Fouletier. Puis par des sentiers en zigzags nous rejoindrons, je l’espère notre point de départ. Le soleil est présent mais il est un peu pâlichon. Il ne fait pas chaud. Nous démarrons notre balade en descendant vers une jolie chapelle. Nous n’avons pas pris nos raquettes, il ne semble pas qu’il y ait assez de neige. Pour éviter de perdre un nouveau traînard, j’ai demandé à Jocelyne de prendre le rôle de chien de berger, à charge pour elle de m’avertir si quelqu’un se fait distancer. Je peux ainsi me consacrer au calcul de mon itinéraire en toute quiétude. J’ai confié à Paulo qui est en tête avec moi, que je vais surveiller du coin de l’œil, et que s’il y a un problème, les coupables vont m’entendre. Ce n’est pas toujours les mêmes qui doivent se faire engueuler. Ca ne rate pas, l’incident arrive avec, ce qui est un comble, les mêmes protagonistes que la veille, Jacqueline et Joce, celle là même à qui j’ai confié le rôle de surveiller les troupes. Elles marchaient en queue de peloton et à un détour du chemin, je les vois s’arrêter toutes les deux pour aller au petit coin. Vite, je dis au reste de l’équipe de me rejoindre. Nous allons nous cacher pour leur laisser croire qu’elles nous ont perdus. Hélas, notre cachette est vite découverte, mais je mange mon pain blanc. A mon tour d’enguirlander les égarées, surtout Jocelyne qui avait la garde du groupe. Elle me dit alors qu’elle avait avertit Robert de son arrêt. Comme ce dernier est sourd, il fut mal choisi, à moins qu’il s’en soit foutu, ce qui ne m’étonnerait pas. Le fait est qu’il faut que je mette les choses au point. Je ne cherche pas à savoir qui a tort ou raison et je profite donc de l’occasion pour signaler à mes coéquipiers que la randonnée est une affaire de tous. Chacun doit surveiller ses camarades. Nous ne marchons pas comme des bœufs et il ne faut pas toujours tout mettre sur le dos du meneur qui, dans certaines occasions comme aujourd’hui pas exemple, n’a pas eu la possibilité, pour des raisons d’éloignement, de reconnaître la balade. Ce dernier doit alors se concentrer sur la route à suivre et n’a pas toujours la possibilité de vérifier aussi que tout le monde suit. Je ne cache pas qu’après la remontée de bretelles de la veille, je mange mon pain blanc.La randonnée se poursuit sans plus d’histoires. A midi nous mangeons près de la grange d’Allard.

Le retour s’effectue sans incidents. Nous finissons notre balade en passant à proximité de deux tours ruinées qui sont en fait, nous l’apprendrons plus tard, d’anciens moulins à vent. Vassieux comptait, entre le XV et XIXe siècle, huit moulins à vent en activité qui servaient au sciage des planches. Ceux que nous voyons à La Mure sont les seuls encore visibles. Ils ont fonctionné jusqu’au début du XVIIIe siècle et appartenaient à deux familles de paysans aisés qu’on appelait alors « des ménagers », les Didier et les Antoine. Le mieux conservé servit en 1944 de poste de mitrailleuse pour les SS lors des tragiques événements qui se déroulèrent ici.Puisque nous parlons de Vassieux et qu’il est encore tôt, nous décidons de nous y rendre. A proximité du musée de la résistance, nous pouvons encore voir avec émotion les carcasses de quelques planeurs ayant servi aux allemands pour attaquer le Vercors.près cet arrêt hommage, nous retournons au gîte.Jocelyne m’a demandé de l’accompagner au belvédère que j’avais découvert quelques jours auparavant. Nous nous y rendons dès notre retour. Sur le chemin nous avons la surprise de voir débouler un chamois juste devant nous. Lorsque nous arrivons au belvédère, enfin nous pouvons voir quelque chose. Malheureusement, la végétation cache un peu la vue.Le soir, nos hôtes viennent nous apporter les fromages et autres ravioles que nous avons commandés.
Ce soir, pas de corvée cuisine, nous allons au restaurant pour clôturer la semaine. On nous a conseillé l’auberge du Collet à la sortie de la Chapelle en direction du col du Rousset. Nous n’allons pas être déçus. Leurs cassolettes de ravioles sont à tomber par terre. Et le reste est du même acabit.
Nous passons une excellente soirée qui conclut bien notre séjour.
Demain, j’ai prévu un itinéraire de retour par le chemin des écoliers.
Je ne suis pas pressé de rentrer.
Pour terminer, je tiens à remercier nos hôtes, Charlotte Duprey et Nicolas Alarcon, qui ont été adorables. Ils nous ont accueillis tout simplement comme des amis de longue date. Nous ne les oublierons pas de sitôt, d’ailleurs, ils nous reverront, c’est certain.

Si vous désirez séjourner dans le Vercors, je vous conseille leur gîte. Attention, pensez-y à l’avance, ils ont souvent du monde.

En voici les coordonnées sur le web :

www.gitemontjoie.com/

UNE SEMAINE EN VERCORS – 6ème PARTIE – UN PROBLEME DE STATIONNEMENT

Jeudi 03 Mars.
Ce n’est pas possible, je n’en crois pas mes yeux, ce matin il fait beau. Oui, il fait beau ! Comme dirait Robert, ça ne peut pas durer, il faut en profiter, donc départ pour une randonnée à la journée.
Je ne connais pas encore les soucis que je vais avoir, et pas ceux que j’aurais pu soupçonner.
Donc nous voila partis sous un beau soleil en direction de Rousset par où nous étions arrivés le premier jour. J’ai dans l’optique de monter sur le plateau sauvage du Vercors que nous n’avons pas encore foulé.
Afin de faciliter l’accès, je compte emprunter une petite route qui grimpe à l’Est entre Saint-Agnan et Rousset. Nous irons jusqu’où nous pourrons, ce sera toujours ça de gagné. Je ne me doute pas que mes projets vont s’avérer épiques à réaliser. Nous trouvons assez facilement la route qui grimpe en direction de la maison forestière de la Coche. Seulement voila, elle n’est pas déneigée, nous avons à peine parcouru cent mètres dessus que nous nous trouvons bloqués par les congères. Une place de stationnement a bien été bien dégagée mais elle est déjà encombrée de bagnoles et il n’y a pas assez de place pour les nôtres. Comme je ne suis jamais à cours d’idées, nous repartons vers Rousset où une autre route monte vers le lieu-dit les Liotards où se trouve un gîte d’étape. On devrait fatalement y trouver un emplacement pour garer nos voitures. De là, un sentier nous permettra de retrouver la route que nous devions initialement emprunter. Seulement je me fous le doigt dans l’œil jusqu’au trognon, il existe bien un parc de stationnement au Liotards, mais il est réservé aux clients du gîtes et nous nous faisons proprement éjecter. Il paraîtrait que nous gênerions le passage du chasse-neige. Comme je signale au péquenot qui nous a viré qu’il est quasiment impossible de stationner sur le bord de la route à cause de la hauteur de la neige, il me conseille de retourner à Rousset pour nous garer dans le village.
Conciliant, nous nous exécutons. Nous faisons trois fois le tour du hameau, pas une seule place de libre. Les abeilles commencent à me monter. Nous faisons demi-tour et suivons lentement la route principale afin de repérer un éventuel emplacement libre qui aurait échappé à ma sagacité. Mais là encore, c’est l’échec. Je suis sur le point de baisser les bras surtout que nous commençons à nous éloigner sensiblement de l’endroit où j’avais projeté de randonner. En désespoir de cause, nous faisons une dernière tentative. Nous allons à la grotte de la Luire qui n’est pas très loin. Miracle, il y a un grand parking, et comme la grotte est fermée, nous sommes seuls. Le problème, c’est qu’il n’existe pas de chemin permettant de rejoindre la route que je comptais suivre. Qu’à cela ne tienne, nous ferons du hors piste à travers bois.
Je compte sur le GPS pour me ramener à la route mais la pente est raide et c’est au prix d’énormes difficultés que nous atteignons enfin la route. Jean-Claude a déclaré forfait, c’est trop dur. Il reviendra chercher ce soir ses passagers.Sur la carte un tracé indique un raccourci pour nous faire éviter des lacets de la route. Mais il se perd bien vite et nous nous retrouvons une fois de plus dans une baragne très abrupte. Je commence à me faire traiter d’André Gillet notre spécialiste des randonnées sportives. Cahin-caha, nous arrivons quand même sur le plateau où nous décidons de pique-niquer près de la maison forestière. Quel plaisir de  manger sous le soleil.
Après le repas nous poussons jusqu’à une autre bâtisse, la maison forestière de Pré Grandu. Certains sont fatigués, ils font demi-tour pour aller nous attendre au premier refuge. Je continue un moment avec les autres, puis je quitte la chemin pour revenir en hors piste. Je compte amuser un peu mes troupes en descendant les pentes de neige vierge. C’est un vrai régal et nous sommes vite de retour à la maison de la Coche. Il est temps de rentrer. Pour le retour, nous évitons le raccourci de l’aller. Dans un virage en épingle, nous effectuons une pause afin de retirer nos raquettes car il n’y a plus assez de neige. Nous repartons tout de suite. Je cherche une sente qui semble ramener directement dans la vallée. Je la trouve assez facilement, nous la suivons mais la pente est raide. La draille débouche sur un champs lorsqu’on m’avertit que j’ai perdu deux randonneuses : Jacqueline mon épouse et Jocelyne. Elle sont restées à la traîne lors de la pause et n’ont pas vu que nous avions quitté la route. Je leur explique par téléphone comment retrouver le bon chemin car il n’est pas question que je remonte tout pour aller les chercher. Au pire, elles continueront sur la route normale et nous irons les chercher en voitures à l’endroit où nous avions été bloqué par la neige le matin. Lorsqu’elles arrivent enfin, je me fais tancer vertement. Je plaide ma cause en disant que je ne peux pas tout faire, surveiller les gens et chercher le chemin. Je leur rappelle que la randonnée est une affaire de tous, et que lorsque l’on s’arrête où que l’on voit que l’on se fait distancer, il faut le faire savoir. Mais je suis patient, il reste une balade à faire, et je trouverai bien le moyen de leur prouver que je ne suis pas totalement coupable.
De retour au gîte c’est au tour des filles de nous régaler. Brigitte, Pascale et Joce nous préparent le porc aux champignons noirs, une spécialité chinoise.
Nous avons vraiment besoin de ça pour nous remettre de nos émotions.
Je ne sais pas encore ce que je vais proposer comme randonnée demain. J’en avais préparé 7 sur le papier, mais aucune ne m’emballe vraiment. J’ai envie de faire un circuit sur le plateau de Vassieux. Seulement, comme je n’ai pas imprimé de carte, je vais faire une randonnée entièrement calculée au GPS, une première, nous verrons demain… s’il fait encore beau !

19 mars, 2011

UNE SEMAINE EN VERCORS – 5ème PARTIE – LE PAS DE L’ALLIER


Mercredi 02 Mars.
Ca commence à devenir lassant. Mais où est le soleil promis ? Ce matin, fidèle à lui-même, le temps est gris. J’en ai marre, tans pis on part quand-même randonner la journée. Nous nous rendons à Saint Martin en Vercors.

Une surprise nous y attend. Il n’y a plus la moindre once de neige, tout a fondu. Je propose à mes troupes d’oublier les raquettes qui nous encombrerons plutôt qu’autre chose. Et nous voila partis dans la forêt. Le chemin monte tout de suite et la neige refait bientôt  son apparition ce qui m’inquiète un peu. Nous avons quand même 530 mètres de dénivelé à accomplir et le manteau augmente proportionnellement avec notre altitude. Pour couronner le tout, le brouillard qui s’était fait discret jusqu’à présent, commence à réapparaître. Nous devons croiser une petite route au niveau du lieu-dit les Pacons. C’est sous la purée de pois la plus totale que nous y arrivons enfin. Nous découvrons bientôt la suite de notre chemin. J’avoue que même avec le GPS, je suis tenté un moment  de faire demi-tour, continuer est-il bien raisonnable ? Je ne veux pas décevoir mes compagnons, nous poursuivons donc notre route. Dans la forêt qui devient très profonde, il est difficile de s’orienter. Aucune trace sur le sol ne peut m’aider à trouver où passe le bon sentier. Je m’oriente suivant mon inspiration en imaginant le meilleur passage pour un chemin, et ça marche. Quelques rares marques sur les troncs d’arbres viennent confirmer que je suis toujours sur la bonne piste.
Vers midi nous atteignons enfin le pas de l’Allier. Il y a un belvédère, mais comme d’habitude on n’y voit goutte. Un sentier descend abruptement dans le fond des gorges, il n’est pas question de nous y aventurer. Nous décidons donc de manger sur place dans la neige dure et glacée. Quelle n’est  pas notre surprise  de voir surgir des limbes un étranger, un hollandais encore plus fou que nous puisse qu’il randonne seul. Cela mérite l’apéro. Nous offrons donc le pastis au batave des neiges avant qu’il ne reprenne sa route.
C’est le moment de songer à regagner la vallée. J’ai choisi un autre itinéraire. Tout se passe bien jusqu’au moment où je perds quelques traînards. Après avoir utilisé un téléphone portable pour réorienter les égarés, nous finissons par nous rejoindre sauf Jean-Claude qui m’a vu mais qui, je ne sais pas pourquoi, a décidé de suivre son propre itinéraire. Nous l’appelons en vain, il faut dire qu’il est un peu sourd. Nous ne comprenons pas son comportement. Je ne veux pas perdre trop de temps en tergiversations, je demande donc à tout le monde de ne pas bouger et je pars à sa recherche. Je remarque tout de suite qu’il est sur un sentier balisé. Mais même en courant, je n’arrive pas à le rejoindre, il a mis déjà trop de distance entre nous. Je dois songer à retourner auprès de mon équipe que je ne peux laisser seule. Tant pis pour Jean-Claude, il se débrouillera bien. Je ne suis pas trop inquiet, le chemin doit ramener au village. Je suis même presque sûr qu’il y arrivera avant nous  vu le retard que nous avons pris à l’attendre. Je ne me trompe pas. Lorsque nous arrivons, il est tranquillement assis sur le haillon arrière de sa voiture. No comment ! Nous rentrons au gîte où Julio et Robert doivent s’atteler à la préparation de leur repas, une daube de sanglier. Je suis moi-même de corvée dessert. Je prépare des ananas confits au lait de coco.
Tout le monde est content, l’aventure se termine autour d’un banquet de sanglier. Tiens, c’est marrant, ça ne vous rappelle pas quelque chose ?












18 mars, 2011

UNE SEMAINE EN VERCORS – 4ème PARTIE – LES TOURISTES

Mardi 01 Mars 2011.
Aujourd’hui nos amis Claude et Dominique nous quittent et ils n’auront pas vu le soleil. En effet, ce matin le temps est encore assez gris mais le brouillard est moins dense. La neige a commencé à fondre.
Je propose une journée tourisme.
Nous partons pour Villard-de-Lans par les splendides gorges de la Bourne.
Un singulier contraste nous y attend. Villard-de-Lans est la plus grande agglomération du Vercors et c’est aussi une station de sports d’hiver. Comme la ville n’est située qu’à une trentaine de kilomètres de Grenoble, il y a foule. Nous qui sortons de la quiétude d’un coin paumé, nous sommes saoulés par le monde et le bruit. Nous effectuons un peu de lèche-vitrines et décidons d’aller manger au restaurant. Je pars vite réserver 14 places dans une petite auberge. Coup de chance, ils peuvent nous recevoir. Après un très bon repas, nous quittons la ruche à skieurs pour reprendre la route des gorges de la Bourne. Comme nous ne voulons pas rentrer directement, nous descendons vers Pont-en-Royans. Au passage Jacqueline émue reconnaît la colonie où elle passa ses vacances lorsqu’elle était enfant, il y a …. Années, ça fait loin.
Puis nous effectuons la visite de Pont-en-Royans. Avec ses maisons perchées au dessus de la Bourne, c’est une ville très pittoresque qui mérite le détour
Nous découvrons au dessus de la vieille ville construite à flanc de montagne, un sentier menant à un point de vue nommé « les Trois Châteaux ». Notre instinct de randonneurs est plus fort que tout, il faut y aller. S’en suit une montée assez raide qui mène en effet au pied de ruines informes, les fameux Trois Châteaux. Je n’en vois qu’un je me demande pourquoi le site se nomme ainsi. Je vais donc voir sur le web. Il y a bien eu trois châteaux à Pont-en-Royans. Le premier est celui dont on peut voir les ruines, le deuxième correspond aux anciennes fortifications du bourg, le troisième se trouvait à l’emplacement du collège et fut détruit lors d’un bombardement en 1945.
Du vieux château médiéval un belvédère permet d’embrasser du regard toute la ville et derrière nous, la vue porte sur les gorges de la Bourne.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, il faut songer à redescendre. C’est l’heure des adieux, les Housinet nous quittent. Ils vont tracer leur chemin vers Toulon. De notre côté, nous contournons le Mont Baret par Sainte-Eulalie-en-Royans, et nous remontons sur le plateau du Vercors par les Petits et Grands Goulets. Malheureusement, l’ancienne route devenue trop dangereuse à causes des éboulements a été fermée au public. Un long tunnel moderne a été creusé dans la montagne pour les contourner. Je suis déçu, c’est beaucoup moins pittoresque. De retour au gîte nous regrettons un peu que notre journée n'ait pas été un peu plus égayéepar un soleil qui semble avoir déserté ce pays.
Nous nous consolerons autour de la délicieuse chorba préparée avec amour par notre ami Jean-Claude.